Garofano Rosso

26 novembre, 2011

T’en veux du local?

Classé dans : chuis ecolo ou bien? — garofanorosso @ 15:38

T’en vlà du local, du vrai, du beau, et bio en plus!

Aha!

Foin de la dynastie des Mangoustes (dont le dernier rejeton se porte comme un charme, un beau p’tit gars avec tout ce qu’il faut où il faut), une nouvelle dynastie est en train de naître dans ma cuisine: Casta et Cie.

Pas Laetitia; mais Châtaigne (aha, une fille, enfin), fille de Corrèze, pas noble, et fière de ne pas l’être, expatriée sur mon plan de travail. La voici, dans son berceau de terreau:

chataignier2.jpg  chataignier1.jpg

Née en Corrèze de châtaigniers non traités, arrivée chez moi, la voici qui pousse, tranquillement, dans le pot laissé à l’abandon par les hordes sauvages de fruits de la passion!

La vie continue dans les pots du Garofano!!

17 novembre, 2011

Ecologie et sport de brute

Classé dans : mens sana in corpore sano?? ah ouais! — garofanorosso @ 9:54

Ami des fleurs, sache qu’une révolution est en train de se produire dans le monde ouaté de ta dévouée.

Elle s’est mise au sport, mais de façon, disons, intense. Avec des objectifs, tout ça quoi.

On ne va pas aller s’allonger sur le divan d’un psy pour savoir le pourquoi du comment, on n’a pas le temps, y a entraînement! Soyons clairs, je me suis mise au sport d’abord parce qu’un collègue à moi donnait des cours de krav maga et que ça me tentait, puis j’ai rencontré des gens sympathiques dans la salle de sport et j’ai goûté à nouveau au plaisir de l’exercice physique et surtout aux transformations notables que cela impliquait sur mon petit corps. Puis, il y a eu le drame, cet été, la mort de mon amie si chère, et le besoin de m’abrutir pour débrancher mon cerveau au moins quelques heures par semaine. Et ce besoin d’abrutissement s’est accompagné de l’arrêt du tabac et du cercle vicieux du goût de l’effort.

Oui, oui, ça existe, le goût de l’effort. Je ne le savais pas. Je l’ai découvert récemment. On sait que l’effort physique provoque dans l’organisme un déferlement d’endorphine, qui à la longue devient une drogue aussi douce que le plaisir sexuel (si si, il paraît!!! c’est pour ça que je m’acharne, ARF!!!). Et puis, il y a la fierté, l’orgueil de voir son corps changer, se tonifier, se développer, résister à la douleur, à l’effort, de voir son corps capable de choses qu’on ne soupçonnait pas il y a encore 3 mois. Bref, je fais du sport et j’aime ça. Du sport en salle, et de la course à pied.

Mais, je reste une indécrottable écolo. Et souvent, le sport n’est pas compatible avec le respect de l’environnement: en particulier sur deux points : les chaussures et les textiles sont à 99 % faits en matières à la con, et quasi exclusivement en Chine, 1er mauvais point, et 2ème point noir: la bouffe.

Ah!! La bouffe du sportif: boissons énergisantes, gels glucidiques, préparations en poudre, … hmmm, que du bonheur, rempli de produits bizarres, en portions individuelles, avec des emballages plastiques qu’on retrouve sur les bords des routes (l’horreur) et certainement pas bio et encore moins locaux.

Sauf que, dans le monde de la CAP (course à pied pour les initiés, j’ai appris ça hier!), les écolos arrivent en force aussi, aha, y a pas que chez les socialistes qu’on vient faire chier le monde!

Bon, pour ce qui est des chaussures, j’avoue que là, les produits écolos n’existent pas encore, les runnings remplies de gel ne sont pas encore fabriquées à partir de chanvre bio, malheureusement. Mais pour la bouffe, là, on peut agir.

Ainsi, peut-être ne sais tu pas qu’il existe sur le marché de la CAP un produit appelé « Gatosport », qui est, comme son nom l’indique, un gâteau spécialement conçu pour l’effort physique, à très haute valeur digestive et qui fournit tout ce dont le corps a besoin pour un effort d’endurance. Et ben, ce gâteau diététique – et des dizaines d’autres recettes de « cuisine » de l’effort – tu peux le faire toi même, avec des ingrédients simples et, pour le coup, BIOS. Et hop, le tour est joué. Et cerise sur le « Gatosport », au lieu des 9,95 € pour 400 grammes, ça te revient à 2.50 € ! Tu manges bio, tu manges bien, et ça te coûte 4 fois moins cher! Elle est pas belle la vie?

On pourrait croire que ta dévouée vient de découvrir comment on fabrique de l’eau tiède, je te l’accorde, mais en fait, non.

Aha!

Because, la bouffe de sportif, c’est pas la bouffe de l’humain normal, avec du beurre, des oeufs, du sucre, tu vois, ce genre de choses. Non, la bouffe de sportif, c’est calculé, pesé, choisi, presque alchimique comme truc, le but étant en fait de trouver le subtil équilibre entre ne pas vomir ton repas sur le bord de la route tout en évitant le décès par inanition !!!

Trève de galéjade. Ceci en fait revient à ce que me disait il y a quelques années ma très chère Ju (que j’embrasse si elle passe par là): le bio c’est moins cher que le reste à partir du moment où tu évites les produits transformés. Il faut te concentrer sur les produits bruts au maximum, les produits les moins transformés possibles, les moins trafiqués, les moins travaillés. Faire les choses par toi même, et tu verras que tu t’y retrouveras niveaux coût et surtout qualité. Et c’est la pure vérité (pas transformée non plus! ). Ah, bien sûr, faire un gâteau, ça prend un peu plus de temps que de diluer de la poudre dans de la flotte, mais ça en vaut la peine.

Et je peux te dire que si ça marche pour les produits diététiques de l’effort, comme disait l’autre, ça marche pour tout! Parole de capiste! (pratiquant de la course à pied, et non pas adepte des films en costume avec Jean Marais, même si l’un n’empêche pas l’autre! )

11 novembre, 2011

Espoir?

Classé dans : vite dit — garofanorosso @ 9:15

En ce jour de mémoire, que mes amis libres penseurs* de la région vont célébrer devant le fameux monument aux morts de  Gentioux en Creuse, au célèbre slogan « Maudite soit la guerre » , je te propose quelques nouvelles de notre ami la mangue.

On va tâcher de mettre un peu de légèreté dans cette journée lourde de sang, si tu veux bien.

 img3760.jpg  img3761.jpg  img3762.jpg 

* [Attention: auto-congratulation]En ce qui concerne ta dévouée, libre-penseuse aussi – on ne se refait pas- elle a choisi de braver la pluie diluvienne de samedi dernier, 5 novembre, pour aller rendre hommage à Limoges, aux fusillés pour l’exemple de la « Grande « guerre et demander leur réhabilitation. D’ailleurs, j’ai appris que deux conseils régionaux en France avaient voté cette réhabilitation immédiate: la Corse et le Limousin. Je ne te cache pas que je suis « un peu » fière sur le coup…

 

8 novembre, 2011

Yvetot vaut Constantinople

Classé dans : vite dit — garofanorosso @ 12:03

Je me souviens de cette phrase de Flaubert, sujet d’une des premières dissertations de français en classe prépa… Ouh, oui, ça date, mais je m’étais pris une telle tôle que le sujet m’a marquée (la note, non, mon inconscient a fait un rejet, pour me protéger, tu sais, comme avec les événements trop traumatisants! )

Bref.

Si Yvetot vaut Constantinople, je peux bien dire que Limoges vaut le reste aussi. Comme ça, je ne me mouille pas trop.

Hier, en effet, en visite sur un chantier, j’ai redécouvert la cathédrale St Etienne, nettoyée et remise au propre, débarrassée des voitures ventouses. Et elle m’a séduite, comme si je visitais une ville inconnue, comme si je la voyais pour la 1ère fois.

cathlimoges4.jpg 

Elle n’a pas à rougir face aux autres constructions que j’ai pu voir, elle mérite le détour elle aussi, et pour le coup, mon bilan carbone a largement compensé celui de Charlie Hebdo!!

cathlimoges.jpg 

Cette image là, n’est pas la mienne, elle appartient au service photographique de ma boîte, merci à eux donc.

 cathdraleeclairagenuit200907293.jpg

Et puis, quand on croise ce regard-là, même si on voit plus le reflet des voitures que les yeux en question, ça vaut bien tous les voyages en Grèce… (ou presque…)

 

yeuxmandarine.jpg 

3 novembre, 2011

Charlie

Classé dans : un p'tit coup gueule en passant — garofanorosso @ 10:20

Je ne peux pas rester silencieuse face à la connerie profonde, et l’incendie du journal Charlie Hebdo me glace et me donne des envies homicides – ou du moins, de sacrées envies de claques dans la gueule.

Ce matin, en rédigeant ce papier, je parlais d’intégristes religieux qu’on soupçonne d’avoir fait le coup, mais il semble que pour le moment, rien n’est certain. Cette ignominie peut être l’oeuvre de n’importe qui : taré du goupillon, agité de la charia, débile profond aviné (= membre du FN), crétin patenté qui passait pas là avec un cocktail molotov à la main, comploteur visant à faire réélire Nicolas ; les candidats potentiels ne manquent pas.

Bref, on ne sait pas. Donc, je garde pour moi mes considérations anticléricales mais je ne peux cependant pas passer cet événement sous silence, c’est trop grave.

Cela étant dit, ce blog est un blog consacré à l’écologie, au DD, à la décroissance, pas à la politique. J’ai assez mangé de menaces de tous ordres sur overblog avec mes papiers politiques, ça suffit.

Il n’empêche que quand la politique, l’actualité et l’écologie se mèlent à l’humour, pour lutter contre la plus crasse et criminelle des conneries,  je ne peux pas résister. Je te livre donc une illustration contenue dans le numéro spécial « Charlie » de Libération: 

charlielib.jpg 

Moi, ça m’a fait marrer!

28 octobre, 2011

Destouches de décroissance?

Classé dans : vite dit — garofanorosso @ 10:09

Comme je l’indiquais dans le papier consacré à Résurrection, je me suis replongée avec délectation dans le Voyage de Céline.

Céline, si décrié pour ses positions de gros connard raciste et antisémite sulfureuses pendant la 2ème Guerre, a pourtant publié en 1932 un monument avec son Voyage au bout de la nuit. J’avais oublié à quel point ce livre était bon, avec sa langue parlée argotique si riche et ses idées si virulentes contre la guerre, les officiers, les politiques.

Bref, ce bouquin est simplement génial, je le savais, je le confirme. Cela évidemment ne dédouane pas Céline de sa connerie profonde ni de ses idées émétiques, tout ça parce que sa nana s’est tirée avec un Juif (comment ça je réduis un peu vite??? Oh, je te l’ai dit que j’étais le mètre étalon de la mauvaise foi, ça marche pour tout!! ).

Mais en plus de tout ça, j’y ai trouvé quelque chose qui a résonné de façon tout à fait singulière dans ma cervelle. Une chose que j’avais formulée dans mon for intérieur et que j’ai retrouvée dans mon for extérieur en lisant ce bouquin: la description par Céline de la voracité stupide et vaine des hommes, qui vivent comme s’ils étaient immortels. Posséder, toujours et encore, avoir toujours plus, comme si on allait traîner ses biens avec soi dans son cercueil. Je l’ai trouvé, en pages 52 et 53, je te le livre:

« Rien ne restait du village, de vivant, que des chats effrayés. Les mobiliers bien cassés d’abord, passaient à faire du feu pour la cuistance, chaises, fauteuils, buffets, du plus léger au plus lourd. Et tout ce qui pouvait se mettre sur le dos, ils l’emmenaient avec eux, mes camarades. Des peignes, des petites lampes, des tasses, des petites choses futiles, et même des couronnes de mariée, tout y passait. Comme si on avait encore eu à vivre pour des années. Ils volaient pour se distraire, pour avoir l’air d’en avoir encore pour longtemps. Des envies de toujours. Le canon pour eux c’était que du bruit. C’est même à cause de ça que les guerres peuvent durer. Même ceux qui la font, en train de la faire, ne l’imaginent pas. La balle dans le ventre, ils auraient continué à ramasser de vieilles sandales sur la route, qui pouvaient « encore servir ». Ainsi le mouton, sur le flanc, dans le pré, agonise et broute encore. »

Posséder pour vivre, vivre pour posséder…

Bien entendu, là, dans ce contexte, la mort pouvait débarouler dans la seconde, avec un obus dans la tronche, ou une rafale de mitrailleuse, certes, mais nous, là, aujourd’hui en 2011, on est donc devenus immortels? Ah? Je l’ignorais. Un AVC, une rupture d’anévrisme, un pancréas cancéreux, une collision avec un 38 tonnes au petit matin, et tu y passes aussi au trou, aussi sûrement que si tu rencontrais de façon fortuite un obus de 75. 

Mais moi, j’dis ça, j’dis rien… (je ressortirai peut-être ce papier pour les soldes).

26 octobre, 2011

Résurrection

Classé dans : tu l'as lu toi? — garofanorosso @ 8:20

Après m’être évadée pendant 2 mois dans la Russie tsariste en proie aux ambitions de Napoléon 1er avec Guerre et Paix, j’ai eu dans l’idée de poursuivre ma petite histoire d’amour avec Tolstoï, car je dois bien avouer que je me suis laissé prendre complètement et entièrement par l’histoire et par l’Histoire de ce monument de la littérature mondiale qu’est, donc, Guerre et Paix.

Si bien que, lorsque j’ai entamé ma relation avec Résurrection, ben, j’ai eu l’impression de trahir Guerre et Paix et ses personnages ! Ca n’a pas duré longtemps, évidemment, mais j’ai eu ce sentiment. D’autant plus que, si Guerre et Paix te plonge d’entrée dans les liens familiaux, amicaux, financiers, que sais-je encore, de dizaines de personnages, Résurrection lui, semble jouer la facilité et tourne autour de deux personnages seulement : l’héroïne malgré elle, Katioucha, pauvrette très belle, accusée de meurtre alors qu’elle gagnait sa pauvre vie dans un bordel après avoir été séduite, engrossée, et délaissée par le prince Nekhlioudov (le deuxième personnage clé du roman) dont elle était amoureuse.

Bref, ça commence mal.

Katioucha est donc sur le banc des accusés, risque la déportation en Sibérie, et Nekhlioudov est juré à son procès. Ils se retrouvent donc à cette occasion.

Il semble que tout le monde soit convaincu de l’innocence de la jeune femme mais une erreur dans le rendu du verdict la condamne quand même à la déportation en Sibérie. C’est à partir de là que Nekhlioudov va tout entreprendre pour sauver Katioucha et par la même pour se sauver lui même. Il est persuadé que si elle en est arrivée là, c’est sa faute à lui, c’est lui qui l’a séduite, qui a couché avec elle, qui lui a fait un enfant – qu’elle a perdu – , qui l’a abandonnée à son sort de fille mère. Sort funeste qui a fait perdre à la jeune fille sa place de bonne chez les tantes du Prince Nekhlioudov chez qui il l’avait rencontrée, et qui l’a conduite irrémédiablement à la prostitution pour survivre.

Le prince va donc tout tenter pour la sortir de sa situation. Il va voir toutes les administrations, les juges, les sénateurs, les avocats pour faire rejuger l’affaire, il se rend à la prison où est incarcérée Katioucha, lui explique qui il est (elle s’en souvenait cependant), ce qu’il fait et ce qu’il veut faire : la sauver, même malgré elle, et l’épouser pour lui rendre un peu du bonheur auquel elle aurait pu prétendre si elle n’avait pas croisé sa route.

Je ne te raconte pas toute l’histoire mais, ce qui est important, c’est ce qui est dit entre les pages de l’histoire romancée.

Résurrection c’est une tribune pour Tolstoï pour dénoncer la justice, les prisons, le servage, la propriété, les emprisonnements politiques, la corruption des fonctionnaires, la religion ridicule et sans véritable foi, la cruauté des hommes, des lois, du système, la bêtise de l’armée, du service militaire…

Tout y passe. A tel point que des passages entiers, des chapitres complets ont été censurés lors de la publication du livre. Aujourd’hui, ces passages apparaissent entourés de crochets, c’est impressionnant.

Il faut dire que Tolstoï n’y va pas avec le dos de la cuillère, il ne prend pas de gants et même aujourd’hui encore, son ton passe pour carrément politiquement incorrect.

Vi, vi, vi, Tolstoï !

Quand il parle du monde carcéral, il parle de dépravation, de cruauté, et même de cannibalisme, mais il emploie le même champ lexical pour parler des fonctionnaires, de la justice, de l’armée, de l’église. Par moments, on se demande si ce brave Léon n’est pas anar, ou du moins, un sacré révolutionnaire ! Ca surprend !

La moralité de Résurrection montre que non, enfin, du moins, pas dans le sens où on l’entend nous aujourd’hui, mais sa théorie de l’amour qu’il met dans la tête du Prince Nekhlioudov dans les dernières pages du roman a bien quelque chose de révolutionnaire malgré tout.

Donc, je te recommande chaudement la lecture de cette œuvre magistrale, considérée actuellement comme le plus grand roman de Tolstoï.

Perso, en attendant de recevoir Mandingo, œuvre sur l’esclavage que m’a recommandée Jean Marie ( http://www.passage1.com/  ) , je vais me replonger dans un autre bouquin qui fleure bon la douceur, le sucré et la soie : Voyage au bout de la nuit, de Céline.

25 octobre, 2011

Phallocratie et loi salique.

Classé dans : vite dit — garofanorosso @ 8:18

Je disais donc, en commentant mon propre papier annonçant urbi et orbi la naissance du nouvel héritier au trône du Mangoustan, qu’en bonne féministe, je n’attribuais que des sobriquets masculins à mes prétendants au pouvoir…

Des siècles et des siècles (amen) de phallocratie ont rendu ma cervelle bien soumise aux stéréotypes sociétaux, je dois bien le reconnaître.

Oui, mais bon (attention, mauvaise foi, te voilà prévenu, ne viens pas pleurer si tes yeux se mettent à saigner), je ne peux que me rendre à l’évidence, et, preuve à l’appui, je démontre que ce n’est pas une quelconque loi salique remise au goût du jour qui me fait baptiser à la testostérone mes rejetons manguiers, mais bien leur nature et leur physionomie.

La preuve (clique sur la photo pour bien te rendre compte de ce que je raconte):

 mangue241011texte.jpg

(tu le sens bien là, le concept de mauvaise foi, le vrai, hein, le mètre étalon de la mauvaise foi?….. )

19 octobre, 2011

On remet ça!

Classé dans : vite dit — garofanorosso @ 10:48

Après la disparition de Mangouste 1er, Duc du Buffet de la Cuisine, on croyait bien que la dynastie des Mangoustes allait dépérir et finir en quenouille suite à la paralysie totale de son successeur putatif, Mangouste II, Comte du Plan de Travail, pris en otage par une bande de fruits de la passion énervés.

Mais que nenni !

Le vieux roi, avant de rendre l’âme, avait laissé des consignes, et la succession au trône semble  à nouveau possible pour la famille Mangouste, car un petit cousin, issu d’une branche cadette a fait son apparition :

manguetroisime2.jpg  manguetroisime.jpg

Nous l’appellerons donc Mangouste troisième du nom, marquis du Pot de Terre.

Longue vie à lui!

Les images sont très sombres et de mauvaise qualité, mais c’est un peu des photos de paparazzi, tu vois, volées, et prises sur le vif avec les moyens du bord, pour fêter la naissance de cet héritier qu’on n’attendait plus (tiens, et « l’autre » héritier, celui du royaume de France, quelqu’un sait où il est? )

11 octobre, 2011

Du paradoxe (oui, encore!)

Classé dans : mens sana in corpore sano?? ah ouais! — garofanorosso @ 10:22

Comment te dire, cher ami des fleurs, pour que tu ne tombes pas des nues en voyant que la réalité de ta dévouée n’est pas aussi spendide, sublime et resplendissante que tu pouvais le penser (ne nie pas, je le sais…)?

Comment te dire… donc. Je suis écolo, ça tu le sais, c’est d’ailleurs pour cela que chaque matin tu immoles une poignée de gruau d’avoine à ma gloire, je suis écolo, mais jusqu’à très récemment, je n’étais qu’un ersatz d’écolo en fait, car, jusqu’à récemment, alors que ma maman pensait que c’était fini depuis le 24 avril 2006, ben, je fumais encore.

Aaaaaaah, je vois les larmes perler au coin de ton oeil gauche, tu t’es déjà crevé le droit en lisant ces lignes, mais la douleur est moins vive que ta déception, comme je te comprends.

Je fumais donc. Mon parcours de fumeuse est cahotique: commencé à l’âge de 19 ans, celui-ci s’est interrompu moult fois (8) pour des durées allant de 3 jours et 1 an et demi. La dernière fois, donc, j’ai tenu du 24 avril 2006 à la mi octobre 2007. Et j’ai replongé, comme un seul homme (la semaine complète durant laquelle j’ai fêté mes 30 ans n’y est pas tout à fait étrangère).

Mes convictions d’écolo cependant, me taraudaient ces dernières années, évidemment! Comment se prétendre écolo et fumer? Incompatibilité totale : c’est bien la peine de faire la chasse à l’huile de palme pour s’encrasser les poumons avec des agents de saveur et de texture à l’arsenic, bien la peine de trier les coquilles de noix pour jeter des filtres de clopes indestructibles, bien la peine de promouvoir le commerce local et de faire venir ce poison depuis les States, bien la peine de crier haro sur les patrons de boîtes côtées en bourse et de remplir les fouilles de marchands de mort, bien la peine de passer sa paye dans des shampoings bio et de s’encrasser les cellules à grand renfort de goudron … Les paradoxes se déclinent ainsi à l’infini.

Bref, un écolo, s’il est sincère, ne PEUT, ne DOIT pas fumer, c’est totalement antinomique. Oui, c’est un jugement à l’emporte-pièce, j’assume.

Mais c’est une drogue tellement dure, que toutes les convictions du monde fondent comme neige au soleil devant les hurlements des récepteurs de nicotine.

Sauf que, tu le sais, cet été, la clope a tué une de mes meilleures amies. Elle fumait des brunes depuis l’âge de 13 ans. Elle a joué, elle a perdu. La douleur est toujours vive, le vide est toujours prégnant, là, au fond de mon bide. Mais sa mort m’a libérée de la clope. J’ai cessé toute consommation depuis le 1er septembre, et déjà, les quelques jours précédents, le paquet pouvait passer la journée complètement vierge. J’ai arrêté le 1er septembre, je me suis dit que c’était facile à retenir comme date.

C’était le jour du retour de vacances, précédent 3 jours dans ma famille picarde où personne ne fume et n’a jamais fumé. Un sevrage net mais qui est passé comme une lettre à la poste. Et surtout, une sensation encore jamais ressentie, encore jamais formulée dans ma cervelle: la liberté.

Les 7 fois précédentes, dès que j’arrêtais de fumer, on m’arrachait quelque chose, un plaisir, une attitude, il me manquait quelque chose. Cette fois -je ne dis pas que je tiendrai longtemps -  j’ai eu la sensation intime de GAGNER quelque chose: ma liberté. Cette sensation m’est apparue comme on prend une calotte sur le coin de la tronche. « Je suis libre », c’est ce que je me suis dit. Libérée de ce besoin de fumer, libérée de cet esclavage de mes récepteurs nicotiniques, débarrassée de la nécessité impérieuse de trouver un tabac ouvert le dimanche, d’avoir des clopes sur moi, du feu… Libre.

Et puis, les effets physiques se sont fait sentir aussitôt: dès que j’ai repris le boulot, me rendant au bureau à vélo, quel bonheur de ne pas cracher ses poumons dès le premier faux plat, quelle joie aussi de pouvoir assurer sans faiblir 3 heures de fitness à la suite* sans avoir la sensation qu’on vous arrache chaque parcelle de vos boyaux à la tenaille, quelle joie de ne plus décoller les papiers peints avec l’haleine du matin au réveil, quelle satisfaction de voir la couleur rose de sa langue et pas une espèce de machin épais et jaune, ô bonheur que de pouvoir parler tout en grimpant avec entrain une côté caillouteuse!

Bref. Pour la toute première fois dans ma vie de fumeuse-ex-fumeuse, je me sens libre. J’ai franchi sans même m’en rendre compte le premier mois, je ne compte même pas les jours. C’est comme si ça avait toujours été ainsi.

Et les rêves. Quand tu arrêtes de fumer, tu rêves que tu fumes. Ca me l’a fait à chaque arrêt. Là, non. Signe que mon inconscient sait qu’il n’y a aucun manque. Mais plus encore. La nuit dernière j’ai rêvé que j’engueulais comme du poisson pourri un type qui allumait une cigarette dans une église lors de l’enterrement d’un bébé (oui, bon, mon inconscient n’a pas encore réglé TOUS ses problèmes, et la mort qui rôde sans cesse autour de moi n’aide pas… mais ce n’est pas le sujet).

J’ai la sensation de n’avoir jamais été fumeuse.

Quand j’aurai replongé, ça me fera marrer, tiens, de relire tout ça….

Bref.

Et puis, évidemment, je sais que si je devais rallumer une tige, je verrais apparaître le visage de ma copine décédée cet été, qui me dirait « ça ne t’a pas servi de leçon? », et je repenserais sans aucun doute à la sensation atroce que j’ai eue quand j’ai touché sa peau au funerarium: glacée et raide. Aucune clope ne pourra effacer ça.

Donc, voilà. Me voici à présent en accord avec mes principes.

Allez, tu peux ôter ce noeud coulant de ta nuque et filer chez l’ophtalmo, le Garofano est de retour!!!

* c’était ça ou l’alcoolisme, j’ai choisi le fitness!

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