Garofano Rosso

30 mars, 2012

Mandingo

Classé dans : tu l'as lu toi? — garofanorosso @ 7:57

Mandingo, ça veut dire Mandingue.

Les Mandingues sont un peuple d’Afrique de l’Ouest (actuel Mali).

Et Mandingo est un roman, écrit par Kyle Onstott.

Un roman d’une dureté extrême sur l’esclavage. C’est mon ami Jean Marie (son blog est là : http://www.passage1.com/) qui m’ avait recommandé ce bouquin, me prévenant quand même de la teneur du texte. Et bé, je n’ai pas été déçue!

Alors, rapidement, ça raconte l’histoire d’une plantation de coton où Warren Maxwell et son fils Hammond « élèvent » des esclaves. C’est un élevage, comme un haras. Onstott raconte la vie de cet élevage avec un langage presque parlé, et surtout avec des mots qu’on n’emploie que pour parler des chiens ou des chevaux. Les esclaves sont considérés comme des animaux. On parle d’étalons, de reproducteurs, de mâles et de femelles, de petits, de noirs de combat… On fait naître des enfants pour les vendre, on ne garde les femelles que tant qu’elles sont fécondes, après, hop, à la réforme, on sélectionne la « race », les Mandingues, les plus beaux spécimens selon les Maxwell, on fait accoupler le fils, la mère et la soeur, pour avoir des pur-sang…

Bref, on est dans le sordide, l’immonde, l’insupportable du début à la fin.

Au milieu de cette ignominie, il y a de l’amour, entre le fils blanc du propriétaire et une esclave noire, croisé avec un mariage sans amour, de la trahison, de la vengeance, de la cruauté… Un roman dans tout ce qu’il a de passionnant.

Mais la véritable violence, c’est dans la façon qu’a Onstott de parler des esclaves, en mettant dans la bouche des blancs du roman des mots que l’on n’emploie effectivement plus que pour des animaux. C’est insupportable, honnêtement. Mais par ce biais, il parvient à nous montrer toute l’abomination de l’esclavage d’abord, et du racisme ensuite. Les blancs de ce roman « aiment » « leurs » (les guillemets sont indispensables là ) noirs, comme on aime ses chiens, de la même manière, les flattant, les récompensant, les corrigeant,  comme on le fait avec des animaux qu’on aime, certes, mais comme des animaux quand même…

Onstott était éleveur de chiens, lui même, et ça se sent dans son roman. Il parvient à nous montrer toute l’horreur de la condition d’esclave, sans utiliser la facilité de la violence qu’on trouve souvent dans ce genre de récit.

Là, une seule scène est d’une extrême cruauté, mais tout le bouquin est comme une coulée de plomb fondu dans la gorge.

Je le recommande vivement. Evidemment.

 

2 réponses à “Mandingo”

  1. jean-marie dit :

    bonjour, chère Florence,
    tu fais une présentation magnifique de ce roman
    « du plomb fondu dans la gorge », on ne peut dire mieux !
    l’anti « autant en emporte le vent »
    tout est vécu de l’intérieur, avec une neutralité apparente de la part de l’auteur…
    et le résultat est terrifiant
    le romantisme attaché au « Sud » d’effondre définitivement… et ça m’a fait mal… on n’entend plus « Dixie » de la même façon !
    merci, merci
    bonne journée à toi
    retrouve tes 98% !
    bises amicales
    jean-marie

  2. garofanorosso dit :

    merci cher jean marie
    et merci surtout de m’avoir parlé de ce livre prodigieux dont personne ne parle jamais!
    c’est sûr qu’on est loin de la « M’ame Scarlett » avec Mandingo!!
    Quel choc ce bouquin!

Laisser un commentaire

 

Café Philo Sophia - Maison ... |
b2igibiireponse |
promo afpa grec 2010 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Sociologie:Système L.M.D
| Collège Notre Dame
| LEGOVORE-STARWARS