Garofano Rosso

26 octobre, 2011

Résurrection

Classé dans : tu l'as lu toi? — garofanorosso @ 8:20

Après m’être évadée pendant 2 mois dans la Russie tsariste en proie aux ambitions de Napoléon 1er avec Guerre et Paix, j’ai eu dans l’idée de poursuivre ma petite histoire d’amour avec Tolstoï, car je dois bien avouer que je me suis laissé prendre complètement et entièrement par l’histoire et par l’Histoire de ce monument de la littérature mondiale qu’est, donc, Guerre et Paix.

Si bien que, lorsque j’ai entamé ma relation avec Résurrection, ben, j’ai eu l’impression de trahir Guerre et Paix et ses personnages ! Ca n’a pas duré longtemps, évidemment, mais j’ai eu ce sentiment. D’autant plus que, si Guerre et Paix te plonge d’entrée dans les liens familiaux, amicaux, financiers, que sais-je encore, de dizaines de personnages, Résurrection lui, semble jouer la facilité et tourne autour de deux personnages seulement : l’héroïne malgré elle, Katioucha, pauvrette très belle, accusée de meurtre alors qu’elle gagnait sa pauvre vie dans un bordel après avoir été séduite, engrossée, et délaissée par le prince Nekhlioudov (le deuxième personnage clé du roman) dont elle était amoureuse.

Bref, ça commence mal.

Katioucha est donc sur le banc des accusés, risque la déportation en Sibérie, et Nekhlioudov est juré à son procès. Ils se retrouvent donc à cette occasion.

Il semble que tout le monde soit convaincu de l’innocence de la jeune femme mais une erreur dans le rendu du verdict la condamne quand même à la déportation en Sibérie. C’est à partir de là que Nekhlioudov va tout entreprendre pour sauver Katioucha et par la même pour se sauver lui même. Il est persuadé que si elle en est arrivée là, c’est sa faute à lui, c’est lui qui l’a séduite, qui a couché avec elle, qui lui a fait un enfant – qu’elle a perdu – , qui l’a abandonnée à son sort de fille mère. Sort funeste qui a fait perdre à la jeune fille sa place de bonne chez les tantes du Prince Nekhlioudov chez qui il l’avait rencontrée, et qui l’a conduite irrémédiablement à la prostitution pour survivre.

Le prince va donc tout tenter pour la sortir de sa situation. Il va voir toutes les administrations, les juges, les sénateurs, les avocats pour faire rejuger l’affaire, il se rend à la prison où est incarcérée Katioucha, lui explique qui il est (elle s’en souvenait cependant), ce qu’il fait et ce qu’il veut faire : la sauver, même malgré elle, et l’épouser pour lui rendre un peu du bonheur auquel elle aurait pu prétendre si elle n’avait pas croisé sa route.

Je ne te raconte pas toute l’histoire mais, ce qui est important, c’est ce qui est dit entre les pages de l’histoire romancée.

Résurrection c’est une tribune pour Tolstoï pour dénoncer la justice, les prisons, le servage, la propriété, les emprisonnements politiques, la corruption des fonctionnaires, la religion ridicule et sans véritable foi, la cruauté des hommes, des lois, du système, la bêtise de l’armée, du service militaire…

Tout y passe. A tel point que des passages entiers, des chapitres complets ont été censurés lors de la publication du livre. Aujourd’hui, ces passages apparaissent entourés de crochets, c’est impressionnant.

Il faut dire que Tolstoï n’y va pas avec le dos de la cuillère, il ne prend pas de gants et même aujourd’hui encore, son ton passe pour carrément politiquement incorrect.

Vi, vi, vi, Tolstoï !

Quand il parle du monde carcéral, il parle de dépravation, de cruauté, et même de cannibalisme, mais il emploie le même champ lexical pour parler des fonctionnaires, de la justice, de l’armée, de l’église. Par moments, on se demande si ce brave Léon n’est pas anar, ou du moins, un sacré révolutionnaire ! Ca surprend !

La moralité de Résurrection montre que non, enfin, du moins, pas dans le sens où on l’entend nous aujourd’hui, mais sa théorie de l’amour qu’il met dans la tête du Prince Nekhlioudov dans les dernières pages du roman a bien quelque chose de révolutionnaire malgré tout.

Donc, je te recommande chaudement la lecture de cette œuvre magistrale, considérée actuellement comme le plus grand roman de Tolstoï.

Perso, en attendant de recevoir Mandingo, œuvre sur l’esclavage que m’a recommandée Jean Marie ( http://www.passage1.com/  ) , je vais me replonger dans un autre bouquin qui fleure bon la douceur, le sucré et la soie : Voyage au bout de la nuit, de Céline.

4 réponses à “Résurrection”

  1. jean-marie dit :

    bonjour, Florence,
    magnifique présentation de Résurrection !
    révolutionnaire Tolstoï oui ! sans aucun doute !
    je crois que je vais rechercher ce livre dans ce qu’il reste de ma bibliothèque et m’y remettre
    bonne relecture du Voyage… sans sucres rajoutés !
    et j’espère que Mandingo ne te décevra pas…
    amicalemnt
    jean-marie

  2. garofanorosso dit :

    merci cher Jean Marie
    tu auras la primeur de mes impressions concernant Mandingo!

  3. ksk dit :

    Cela me donne envie de me replonger dans les « classiques »

  4. garofanorosso dit :

    je m’y replonge aussi avec un grand plaisir.

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