Garofano Rosso

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21 septembre, 2011

Guerre et Paix

Classé dans : tu l'as lu toi? — garofanorosso @ 12:54

Ces derniers mois, après avoir dévoré avec passion et gourmandise les 13 tomes de Fortune de France de Robert Merle, je m’étais plongée corps et âme dans la légende de la quête du Graal et des chevaliers de la Table ronde, puis, avec plus de passion encore, dans des ouvrages de référence sur les Cathares. Je dévorais de toutes mes dents et j’ai adoré ça.

Puis, un soir, j’ai fait une pause et j’ai regardé la télé. Je dispose de la chaîne Paris Première qui diffuse parfois le programme court Caméra Café. Elle diffuse aussi la version 2 de la série, Caméra Café 2, la bien nommée. Bon, je regarde ce programme, avouons-le. Et bien m’en a pris, car c’est grâce à cette série, au contenu culturel assez limité, que j’ai eu envie de me replonger dans la lecture d’un auteur que j’avais découvert et beaucoup aimé il y a fort longtemps, Tolstoï. En effet, les personnages de la série télé parlaient de Guerre et Paix, et je me suis dit – avec honte et effroi – que je n’avais pas encore lu ce monument de la littérature mondiale et que ça ne pouvait pas durer.

Ni une ni deux, je me munis du tome 1 et je me lance.

Bon, je dois t’avouer que j’ai pédalé dans la semoule comme il faut au début. A tel point que j’ai abandonné et que c’est seulement 10 jours après que j’ai repris la lecture depuis le début, avec un papier (heu, 17 papiers) et un stylo pour noter tous les personnages du livre… Et là, j’ai pu avancer dans la lecture. Parce que Tolstoï semble s’amuser à nous perdre avec ses dizaines de personnages, et comme si cela ne suffisait pas, les noms russes ont des diminutifs, des surnoms, se doublent de deux ou trois prénoms, ce qui fait qu’un personnage peut avoir cinq ou six démonimations différentes. Si tu loupes un surnom, c’est foutu, tu ne pigeras plus rien!

Et c’est ainsi qu’armée de papier et de stylo, j’ai arpenté les rues de Petersbourg, de Moscou, j’ai crapahuté sur les berges de la Berézina, j’ai suivi les soldats russes, français, allemands, autrichiens de 1805 à 1812, j’ai appris des tas de choses sur les guerres napoléoniennes, et j’ai dévoré les 1400 pages de cette somme sans m’en apercevoir. Parallèlement, je me suis penchée sur la bataille d’Austerlitz, sur l’Europe napoléonienne, sur la vie de Tolstoï, sur la révolte des Décembristes, sur des tas de choses qui font et sont Guerre et Paix. Et je me suis également plongée dans Guerre et Paix, le film de Vidor, que je vais pouvoir regarder maintenant que j’ai terminé le bouquin, et imaginer Audrey Hepburn, Henry Fonda, Mel Ferrer et tant d’autres m’a pas mal aidée aussi à ne pas me perdre dans les méandres des aventures historico- sentimentales de Natacha, Pierre, André, Nicolas et autres.

Mais ce que j’ai le plus apprécié je crois dans ce bouquin, ce sont les « interventions » directes de Tolstoï, ses points de vue sur la guerre, sur l’histoire, sur les historiens (qu’il ne semble pas porter dans son coeur…), sur les « grands hommes », sur les grands moments de la vie des peuples. Ce sont des digressions passionnantes qui font que l’on se sent intimes avec Tolstoï, on est chez lui, il nous raconte l’histoire des Rostov, Bezoukhov, Bolkonski, Kouraguine et consorts, et de temps en temps, il nous propose de faire une pause, de prendre un chocolat chaud et il nous fait part de ses idées personnelles sur Napoléon, le Tsar, la Russie, l’Europe, l’Histoire… Le tout sans mâcher ses mots, et même avec une pointe d’ironie qui crée cette intimité.

Il a fallu 34 ans pour que je lise cette oeuvre magistrale à tous points de vue – rien que par son volume déjà – mais je suis heureuse de l’avoir fait. A tel point que je vais enchaîner avec ce qui semble être l’oeuvre majeure de Tolstoï, à savoir Résurrection. Je te raconterai si tu veux. Et puis, si j’ai le courage, je relirai Anna Karénine.

Après ça, peut être que je ferai une pause avec la littérature russe. Et que je tenterai, pour la troisième fois, de lire Le Bruit et la Fureur de Faulkner… De toute façon, j’ai un Dostoïevski qui m’attend dans ma bibliothèque…

 

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