Garofano Rosso

25 juin, 2011

Attention, ceci n’est pas un papier écolo!

Classé dans : chuis ecolo ou bien? — garofanorosso @ 9:57

Ououououh, la vilaine!

Pas d’article écolo, bio, local, DD  ce matin!

Non, vraiment pas, mais c’est mon anniversaire, j’ai droit à une folie!

Ma folie, c’est ça:

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Ca, c’est une mangue!

Vi. Alors, donc, oui, évidemment, là, niveau empreinte écologique, c’est clair, je suis nulle, recalée. Une mangue qui vient du Pérou, pas bio, rien, une pure honte, en somme. C’est un fait.

Mais (je garde ma mauvaise foi en toutes circonstances!), j’ai planté le noyau, paf, comme ça, sans l’ouvrir, sans le gratter, pof, juste dans la terre , un peu d’eau et voilà que j’ai vu sortir une petite tige, avec des bébés feuilles dessus!

Je suis fière, je te laisse l’imaginer!

Donc, (mauvaise foi bis), si ça pousse pour de vrai, en grand, ben, cette nouvelle touche de vert sur la planète compensera un peu le fait que cette mangue est venue de très loin…

Allez, je vais regarder pousser ma mangue!

Bon week end!

21 juin, 2011

Libre d’être Reclus, l’épilogue

Classé dans : tu l'as lu toi? — garofanorosso @ 8:03

Amer et symbolique l’épilogue… 

Epilogue:

HC:

« En 1923, Ishimoto, un savant japonais, voulut ouvrir à Tokyo un Institut de géographie Elisée-Reclus.

Dix années de travail en Belgique: toute la bibliothèque du savant fut emballée et expédiée. Les 40 000 pièces du catalogue semblaient à la ville de Bruxelles inutiles et même encombrantes.

Quand les caisses arrivèrent sur le quai de Yokohama, elles furent accueillies par un tremblement de terre. La bibliothèque d’Elisée Reclus s’envola en fumée au cours de l’anarchique et imprévisible incendie de Yokohama. »

 

Bien, voilà, j’espère que tu ne t’es pas trop ennuyé à lire ces passages entiers de cette biographie.

Personnellement, je me suis régalée, et je ne pouvais pas ne pas te faire partager ce bon moment.

Je te rappelle la source de ces papiers : Henriette Chardak, « Elisée Reclus, l’homme qui aimait la Terre« , Stock.

20 juin, 2011

Libre d’être Reclus! 3

Classé dans : tu l'as lu toi? — garofanorosso @ 9:00

Le gros pavé arrive.

Reclus, c’est avant tout un anarchiste et un pourfendeur de l’exploitation de l’homme par l’homme:

 Anarchisme:

Bakounine

« Si Dieu est, l’homme est esclave, or l’homme peut et doit être libre, donc Dieu n’existe pas. »

Reclus dans le journal Le Travailleur :

« L’Etat, tel qu’il existe, vous avouerez que l’édifice est d’aspect assez laid, et vous comprenez qu’il nous tarde de le démolir. Nous en avons assez de ces rois élus par la grâce de Dieu ou nommés par la volonté du peuple, de ces plénipotentiaires ou ministres, responsables ou irresponsables, de ces législateurs qui se sont fait accorder, soit par le prince, soit par un troupeau d’électeurs, leur « part de  royauté »; de ces magistrats qui vendent au plus offrant ce qu’ils appellent la « justice », de ces prêtres qui représentent Dieu sur terre, promettant des places en paradis à ceux qui se font leurs esclaves, de ces grossiers sabreurs qui demandent, eux aussi, une obéissance absolue de l’intelligence et de la morale personnelle chez tous ceux qui ont le malheur d’emboîter le pas dans leurs bataillons, de ces propriétaires ou patrons qui disposent du travail, et par conséquent, de la vie de la foule immense des faibles et des pauvres. Nous en avons assez de toutes ces formules religieuses, juridiques ou prétendues morales, qui nous enferment et maintiennent nos esprits dans la servitude, assez de cette affreuse routine qui est le pire de tous les gouvernements et le mieux obéi. »

Reclus, 1885, dans une une dédicace à Henry Seymour, anarchiste anglais qui publie le journal The Anarchist:

« Nous ne reconnaissons plus ce que l’on appelle « patrie » et qui, dans son acceptation accoutumée, représente la solidarité des crimes de nos ancêtres contre d’autres pays, ainsi que des iniquités dont nos gouvernements respectifs se rendirent coupables. Pour fonder une société nouvelle, il faut d’abord désavouer toute oeuvre de sang »

Reclus, septembre 1885:

« Voter, c’est abdiquer: nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c’est renoncer à sa propre souveraineté. Voter, c’est être dupe: c’est croire que des hommes vont acquérir soudain au tintement d’une sonnette la vertu de tout savoir et de tout comprendre, quand l’Histoire enseigne au contraire que le pouvoir a toujours affolé, le parlotage a toujours abêti. Voter, c’est évoquer la trahison: dans le premier moment; l’élu s’incline devant l’électeur et peut-être trop bas, demain il se redressera et peut-être trop haut. Il mendiait des votes, il donnera des ordres. N’abdiquez donc pas, ne remettez pas vos destinées à des hommes forcément incapables et à des maîtres futurs. Ne votez pas! Au lieu de confier vos intérêts à d’autres, défendez-les vous mêmes, au lieu de prendre des avocats pour proposer un mode d’action future, agissez… »

Reclus:

« Au fond, l’anarchie n’est que la tolérance parfaite, la reconnaissance absolue de la liberté d’autrui. Et si l’humanité peut se débarrasser de tous ses éducateurs, prêtres, académiciens, polytechniciens et rois, si elle ne périt pas comme une fleur avortée, son épanouissement sera l’Anarchie entre frères. »

Reclus, 1901, au journal anarchiste espagnol, La Huelga General:

« Ni patron, ni chef, ni apôtre au langage considéré comme parole d’Evangile; fuyez les idoles et ne cherchez que la seule vérité dans les discours de l’ami le plus cher, du plus savant professeur. Si, l’ayant entendu, vous conservez quelque doute, descendez dans votre conscience et recommencez l’examen pour juger en dernier ressort.

Donc, repousser toute autorité, mais s’astreindre au respect profond d’une conviction sincère, vivre sa propre vie, mais reconnaître à chacun l’entière liberté de vivre la sienne. »

Contre l’exploitation des hommes:

Reclus, Genève, 1876, (Reclus a été exilé pour ses activités lors de la Commune)

Petite parenthèse : « A Paris, l’Opéra est achevé et on consacre le Sacré-Coeur en juin 1875. On ose commémorer la mort des Communards! Les « modestes offrandes » bénies par l’Assemblée officialisent la mort de la Commune. Le haut lieu de la défaite ressemblera à un gâteau blanc qui n’effacera pas le rouge du sang versé. Reclus n’est pas de cette France là. »

Revenons à notre discours de Genève :

« Machines, chevaux et hommes sont utilisés de la même manière: on voit en eux autant de forces, évaluées en chiffres, qu’il faut employer au mieux du bénéfice patronal, avec le plus de produits et le moins de dépenses possible. Les écuries sont disposées de telle sorte qu’au sortir d’un même édifice, les animaux commencent à creuser le sillon de plusieurs kilomètres de long qu’ils ont à tracer jusqu’au bout du champ: chacun de leur pas est calculé, chacun rapporte au maître. De même, tous les mouvements des ouvriers sont réglés à l’issue du dortoir commun. Là, point de femmes ni d’enfants qui viennent troubler la besogne par une caresse ou par un baiser. Les travailleurs sont groupés par escouades ayant leurs sergents, leurs capitaines et l’inévitable mouchard. Le devoir est de faire le travail commandé, d’observer le silence dans les rangs. Qu’une machine se détraque, on la jette au rebut, s’il n’est pas possible de la réparer. Qu’un cheval tombe et se casse un membre, on lui tire un coup de revolver dans l’oreille et on le traîne au charnier. Qu’un homme succombe à la peine, qu’il se brise un membre ou se laisse envahir par la fièvre, on daigne bien de ne pas l’achever, mais on s’en débarrasse tout de même: qu’il meure à l’écart sans fatiguer personne de ses plaintes. A la fin des grands travaux, quand la nature se repose, le directeur aussi se repose et licencie son armée. L’année suivante il trouvera toujours une quantité suffisante d’os et de muscles à embaucher; mais il se gardera bien d’employer les mêmes travailleurs que l’année précédente. Ils pourraient parler de leur expérience, s’imaginer qu’ils en savent autant que le maître, obéir de mauvaise grâce, qui sait? s’attacher peut-être à la terre cultivée par eux et se figurer qu’elle leur appartient. »

Ravachol, anarchiste, 1892, à son procès pour attentats à la bombe:

« Si je prends la parole, ce n’est pas pour me défendre des actes dont on m’accuse, car seule la société, qui par son organisation met les hommes en lutte continuelle les uns contre les autres, est responsable… Je n’ai pas à hésiter, lorsque j’ai faim, à employer les moyens qui sont à ma disposition, au risque de faire des victimes! Les patrons, lorsqu’ils renvoient des ouvriers, s’inquiètent-ils s’ils vont mourir de faim? Tous ceux qui ont du superflu s’occupent-ils s’il y a des gens qui manquent du nécessaire?

La femme Souhain a donné la mort à ses enfants pour ne pas les voir souffrir plus longtemps, et toutes ces femmes qui, dans la crainte de ne pouvoir nourrir un enfant, n’hésitent pas à compromettre leur santé et leur vie en détruisant dans leur sein le fruit de leurs amours! Toutes ces choses se passent au milieu de l’abondance. Les boucheries sont bondées de viande, les boulangeries de pain, il y a des logements inoccupés! Comment admettre que tout est bien dans la société, quand le contraire se voit d’une façon aussi claire! »

Reclus, à propos des grèves de Carmaux (1892):

« Quand on couche comme moi dans un bon lit, au chaud et en famille, aimé de tous, on ne s’amuse pas à faire de la morale édulcorée façon Jules Simon. Voyez-vous, quand on dort sur une paillasse la faim au ventre, la mort dans l’âme, eh bien! On peut vouloir rendre cette mort qui rôde à celui qui en représente la cause. »

Emile Henry, jeune aristocrate, anarchiste, admissible à Polytechnique, poseur d’une bombe en novembre 1892 contre le siège des mines de Carmaux à Paris; lors de son procès:

« On m’avait dit que les institutions sociales étaient basées sur la justice et l’égalité, et je ne constatais autour de moi que mensonges et fourberies. Chaque jour m’enlevait une illusion. Partout j’étais témoin des mêmes douleurs chez les uns, des mêmes jouissances chez les autres. L’usinier qui édifiait une fortune colossale sur le travail des ouvriers, qui eux manquaient de tout, était un monsieur honnête. Le député, le ministre dont les mains étaient toujours ouvertes aux pots-de-vins, étaient dévoués au bien public, l’officier qui expérimentait le fusil nouveau modèle sur des enfants de sept ans avait bien fait son devoir, et en plein Parlement, le président du Conseil lui adressait ses félicitations! Tout ce que je vis me révolta, et mon esprit s’attaqua à la critique de l’organisation sociale. »

A suivre…

18 juin, 2011

Libre d’être Reclus! 2

Classé dans : tu l'as lu toi? — garofanorosso @ 8:58

La suite, donc :

 Conscience écologique:

Henriette Chardak

« Reclus a en horreur ces faubourgs qui abritent les industries manufacturières. La laideur des cheminées puantes, les rues noires, les constructions soit aveugles, soit percées d’innombrables fenêtres à l’écoeurante symétrie lui rappellent l’Amérique minière. En s’endormant, il se dit que, si l’homme sacrifie toujours la nature, la spéculation engloutira peut-être un jour jusqu’aux chutes du Niagara, que l’air vicié sera irrespirable. »

Reclus:

« Bientôt aigles, vautours et gypaètes n’existeront plus que dans nos musées, note-t-il; déjà on ne voit plus qu’un seul nid d’un oiseau solitaire et méfiant, vieillard à demi perclus, dévoré de parasites. L’ourson cabrioleur, le loup ont déjà disparu. »

Reclus:

« Eh bien, justement, tu serais étonné de savoir à quel point la terre nourricière, lorsqu’elle est bafouée, devient terrifiante pour l’homme. Prends les Alpes françaises. En général, ces montagnes sont composées de roches très dures, alternant avec d’autres assises qui se délitent facilement sous l’action des eaux. Les marnes, les schistes désagrégés et d’autres matériaux friables sont graduellement délayés, et leur chute entraîne celle des assises compactes du sommet qui s’écroulent ou glissent lentement dans les vallées. C’est très préoccupant… »

Une vision de la politique actuelle et future (genre 2012…) :

Pierre Faure, époux d’une des soeurs de Reclus discutant avec celui-ci:

« En fait, tu fais la distinction entre ceux [ les personnages] qui sont conciliables et ceux qui sont inconciliables avec nos idéaux. » (en gros, choisir le moins immonde, quoi… = votre dévouée dans l’isoloir en mai prochain…)

Humanisme:

Reclus à son neveu Paul (fils d’Elie)

« Fais en sorte; lorsque tu choisiras ta carrière, de pouvoir dire: « je suis un citoyen utile, je ferai du bien. Nous ne valons que par le bien que nous faisons. »

Le travail des enfants:

Reclus:

« Et les législateurs, que font-ils? De temps en temps, ils s’occupent de régler le travail des enfants. D’après ces lois, que l’on a l’audace de vanter comme des merveilles de l’humanité, nul patron n’a le droit de faire travailler l’enfant plus de douze heures et de le priver du sommeil de la nuit, « si ce n’est pourtant dans des cas exceptionnels », et l’exception, on le sait, devient toujours la règle. Autant dire qu’il est permis d’empoisonner, mais seulement à petites doses, d’assassiner, mais seulement à petits coups. Voilà la compassion de ces « nobles » législateurs. »

L’éducation:

Reclus dans le tome 2 de sa Géographie Universelle, tome consacré à la France, 1876:

« Pour l’éducation scolaire, la France est encore bien en dessous de plusieurs pays voisins où l’instruction n’est pas censée avoir moins d’importance que la répression. »

Cette phrase dans un discours politique actuel n’aurait pas la moindre ride… C’est un peu triste quand même…

A propos de Thiers:

Le photographe Nadar rapporte les propos du sabreur de la Commune dont il tire le portrait :

« Peut-être ne suis-je devenu un homme d’Etat que parce que la nature m’avait malfaçonné, j’étais d’autant plus décidé à être grand que je n’avais pas la taille. » Tiens, ça a dû arriver à d’autres, ça…

L’affaire Dreyfus:

HC:

« Que pense Reclus, lui le perpétuel accusé, de toute cette « affaire »? Il s’étonne qu’on accuse un simple espion, alors qu’il existe, il en est persuadé, un réseau de traîtres fort bien organisé. Le fameux honneur de l’armée ne sert qu’à masquer la réalité. Les chefs militaires, il en est sûr, vont s’acharner sur un innocent, qui fait un parfait coupable puisque c’est le seul qu’on ait sous la main. »

A suivre…

edit du 20 juin : j’ai donc enlevé le bout d’article consacré à  Ampuria Brava.

16 juin, 2011

Libre d’être Reclus! 1

Classé dans : tu l'as lu toi? — garofanorosso @ 11:55

Aujourd’hui, et pour quelques jours, je te propose, si tu le veux bien, de m’accompagner dans la vie d’un homme singulier: Elisée Reclus.

 D’Elisée Reclus, je dois bien l’avouer, je ne connaissais que le géographe, l’anarchiste et l’acteur de la Commune de Paris. C’est déjà pas mal, me diras–tu, flatteur que tu es. Oui, peut être en effet que peu de monde connaît ne serait-ce que le nom de Reclus. J’ai entendu ce nom pour la première fois, je l’avoue, en hypokhâgne, en cours de géographie.

C’est par la suite, en me coltinant à la Commune, à l’anarchisme, à l’Histoire en gros, qu’Elisée est entré dans ma cervelle.

Du coup, quand j’ai pu tomber sur une belle biographie de Reclus à la bibliothèque, j’ai saisi l’occasion et j’ai dévoré les 600 pages de la vie de Jacques Elisée Reclus, fils de pasteur, né à Ste Foy la Grande (33) le 15 mai 1830 et décédé le 4 juillet 1905 à Torhout en Belgique, frère du grand Elie Reclus, anarchiste et acteur lui aussi de la Commune de Paris.

Dans cette biographie très bien écrite, et facile à lire, on apprend que le petit Elisée a été attiré depuis tout petit par la nature, qu’il passait des jours entiers à contempler les paysages, les rivières, les arbres, les animaux, tout ce qui était sur terre le passionnait.

Le titre de la biographie de Henriette Chardak s’intitule d’ailleurs « L’Homme qui aimait la Terre ».

Il l’aimait d’amour, poussant la communion jusqu’à prôner et à pratiquer autant que possible le naturisme. Il aimait tellement la vie que très jeune, assistant à la tuerie d’un cochon et d’agneaux, il devint végétarien. Il aimait tellement la vie aussi qu’en plus de ne pas supporter la souffrance d’un animal, il ne pouvait encore moins tolérer celle d’un homme, d’une femme et d’un enfant. Le militantisme acharné dans la lutte contre tout sorte d’exploitation de l’homme par l’homme l’a tenu en vie jusqu’au bout: Commune de Paris, lutte incessante pour l’amélioration des conditions de travail et de vie des pauvres, combats pour l’instruction intelligente de tous et de toutes (je précise, car même chez les plus grands humanistes et défenseurs de la race humaine, la femme est souvent oubliée, voire même mise volontairement au ban de la société..), anticolonialisme virulent… L’amour aussi. L’amour des femmes. Toujours des esprits libres, elles aussi, cultivées, curieuses, vivantes, Clarisse, la métisse, Fanny, son plus grand amour (à tel point qu’il signait ses lettres Elisée F. Reclus, pour que sa « femme » soit toujours avec lui), Ermance, qu’il n’aimait pas vraiment mais auprès de qui il a trouvé une certaine stabilité, Florence qu’il a aimée autant que Fanny, sans pour autant se défaire de l’emprise maternelle d’Ermance. Certaines de ses compagnes lui ont donné des enfants, deux sont mortes trop jeunes, mais à aucune il n’a passé la bague au doigt, le mariage, même civil, étant pour lui une incongruité avilissante pour les deux membres du couple. Il a toujours vécu en union libre avec ses compagnes.

Ainsi donc, on a un géographe anarchiste, communard, libre, naturiste et végétarien.

 

Un être libre, en tous points, amoureux de la terre et de ses habitants. Ecologiste avant la mode, aussi. Franc-Maçon en amateur. Initié avec son frère Elie, il a rapidement quitté sa loge, en être trop assoiffé de liberté qu’il était.

Assoiffé de connaissances aussi, qu’il a voulu partager toute sa vie avec le monde entier au travers de dizaines d’ouvrages, de livres, d’articles, de conférences, à travers le monde entier, jusqu’au terme de son existence.

A un moment de ma lecture, j’ai grincé des dents quand même. Ce brave Elisée, si parfait à mes yeux resta longtemps farouchement antisémite. Car pour lui, les Juifs étaient le symbole du capitalisme qu’il haïssait. Et puis, au fil de ses rencontres, des innombrables voyages , et surtout dans la tourmente de l’Affaire Dreyfus, ce trait de pensée- indéfendable pour moi surtout pour un homme qui se disait ami de tous les peuples et qui passa sa vie à combattre tous les racismes- quitta Reclus pour ne plus jamais revenir polluer ce brillant cerveau.

Bref.

J’ai dévoré cette biographie.

Et je ne résiste pas à te citer des passages de cet ouvrage que je te conseille chaudement de lire, des phrases de Reclus qu’Henriette Chardak a pu citer à partir des milliers de lettres et de livres écrits par le géographe, des phrases d’elle-même, bien senties et fidèles, je pense, à l’objet de son étude.

Colonialisme et racisme:

Reclus.

« On se prend pour qui, hein? On s’installe partout et on traite les indigènes comme une sous-race. J’ai vu cela, mes amis! Les Anglais, les Français nient l’égalité entre les hommes. Nous sommes tous les mêmes! Ce bon Voltaire avait raison… Il disait: « nous leur disons qu’ils sont des hommes comme nous, qu’ils sont rachetés du sang d’un Dieu mort pour eux et ensuite on les fait travailler comme des bêtes de somme; on les nourrit mal. S’ils veulent s’enfuir, on leur coupe une jambe, et on leur fait tourner l’arbre des moulins de sucre lorsqu’on leur a donné une jambe de bois. Après, nous osons parler du droit des gens. » »

Reclus, 1885, dans une dédicace à Henry Seymour, anarchiste anglais qui publie le journal The Anarchist:

«Le pillage et le massacre sont autant d’exploits valeureux qui ne peuvent manquer d’enorgueillir les concitoyens des voleurs et des meurtriers. On apprend que des milliers d’hommes ont été passés par l’épée, qu’on a brûlé des villages, que les pieds des chevaux ont foulé des poitrines humaines…, et un ardent frémissement d’enthousiasme étreint le coeur de tous les « bien-pensants », tandis que le clergé entonne des actions de grâce au Dieu des armées.

Et pourtant, l’histoire n’est-elle pas là pour nous apprendre ce qu’ont coûté les annexions, les colonies, c’est à dire la prise de possession de territoires spoliés par la force des armes? Je ne parlerai pas de la France, j’écris dans un journal anglais dont les lecteurs connaissent peu ce qu’ont valu aux Français en fait de bonheur et d’acquisition morale les « Conquêtes et Victoires » de l’Empire français. La nation a durement payé pour tous ces crimes. De même elle a payé pour ses triomphes en Algérie; lorsque les brillants officiers, habitués aux massacres d’Arabes et de Kabyles, revenus à Paris pour exécuter d’autres « sauvages », balayaient les faubourgs de leur artillerie, ainsi qu’ils avaient balayé les pauvres bordjs des Arabes. La France paiera de même pour le Tonkin et Formose. Le reflux de l’histoire amènera le châtiment des fautes commises. »

Reclus :

« En vain tel ou tel patriote essaie de contester le mélange de race à race, chaque homme, surtout les plus fiers de la pureté de leur sang, devraient méditer ceci: nous descendons certainement des marsupiaux et avant des amphibiens, alors! »

Reclus, article pour la revue L’Humanité nouvelle, 1900

« Imaginez les paysans chinois qui cultivent leur sol avec amour depuis quatre mille ans, et qui voient arriver des ingénieurs qui apportent le télégraphe et les voies ferrées… Quel choc pour eux! Mais le pire, ce qu’il faut qu’on sache, c’est que nos bons Blancs considèrent les Jaunes avec tant de miséricorde que, si ces « inférieurs » sont soupçonnés d’avoir la peste ou de souffrir d’une fièvre des marais, ils les soignent à coups de fusil! Oui, on tue, on assassine! Il ne faut pas s’étonner de l’explosion révolutionnaire qui vient de se produire en Chine du Nord. Et pendant ce temps, les diplomates se pavanent en bombant le torse. Ils ne savent pas ce qui les attend, ces carriéristes ignares! La révolution chinoise se prépare et ils commettent des erreurs sans nombre. Je m’attends à des désastres sanglants. Les « Célestes » seront respectés un jour, parce qu’ils se serviront des canons Krupp, ils se défendront. Et surtout on ne pourra pas triompher de la volonté de trois ou quatre cent millions d’hommes! »

Reclus, 1903, à son neveu Paul:

Paul dit: « Mais, mon oncle, nous lui [= l'Afrique] apportons le savoir, la vérité, la foi, la liberté, la civilisation.

Réponse de Reclus : « On ne lui donne pas, on impose! L’intervention de l’Europe devrait, pourrait favoriser la marche de l’humanité vers le progrès. Il faut juste espérer que les « visages pâles » n’apporteront pas que les vices et les maladies. Il y a des hommes honnêtes, comme ton cousin Régnier… L’Algérie pourrait devenir une France nouvelle si la population était homogène. Mais on préfère l’assimilation, l’avilissement par la servitude et le massacre. »

 

A suivre…

 

15 juin, 2011

Mitigé cochon d’Inde

Classé dans : vite dit — garofanorosso @ 9:42

J’adore cette expression. Si quelqu’un peut m’en expliquer l’origine, d’ailleurs, je suis preneuse.

Donc, mitigé cochon d’Inde le bilan écologique dans l’actualité de ces derniers jours, je trouve.

L’Allemagne décide de fermer ses centrales d’ici 2022, très bien, mais pas mal de spécialistes redoutent que le pays compense une partie de son besoin d’électricité avec des centrales à charbon, excessivement polluantes… C’est une crainte, ça c’est sûr, mais je veux croire cependant que l’Allemagne a une conscience écologique particulièrement affutée, et que cette compensation, elle la trouvera dans des productions d’énergie propres et surtout , dans des économies d’énergie, car c’est bien ça le plus important.

Mitigé cochon d’Inde aussi, le trajet Paris-Bruxelles en avion solaire… 16 heures…. Mouais. Et en plus, le vol ne sera pas officiellement homologué car, face à son échec de la veille, l’avion Solaris Machin a été contraint de recharger ses batteries à l’électricité. Nucléaire, l’électricité. Et puis, 16 heures pour rallier Paris à Bruxelles, ça ne donne pas franchement envie d’investir dans l’avion solaire. Autant prendre le train. Bref.

Enfin, que penser de cette abomination qui est en train de tuer des dizaines de personnes en Allemagne, et d’en coucher des milliers dans des douleurs terribles? Cette saloperie de bactérie dont je n’ai pas encore réussi à comprendre le nom, je t’assure. Je lis « E coli » et j’entends « echocolia » …  Je ne comprends plus rien. Bref. Là n’est pas le plus grave. Le plus grave, c’est que cette vilaine bébête viendrait donc, apparemment, de pousses de soja bio allemandes… Ben merde. Ca te fout un de ces coups à la réputation du bio cette histoire! Ca jase dans les chaumières, déjà que le bio n’a pas encore réussi à pénétrer beaucoup d’esprits, là, les dubitatifs sont servis… En même temps, comme le disait un chroniqueur humoriste sur France Info récemment, on n’a pas idée de cultiver du soja, plante tropicale, en Allemagne du Nord. Ca contrarie Dieu, il faut pas s’étonner après…

Bref, pas de quoi frimer dans les dîners pour nous autres, pauvres écolos du dimanche….

 

7 juin, 2011

Le marc de café

Classé dans : beaute — garofanorosso @ 11:01

Je ne me suis pas mise à la divination, ni à la cartomancie, mais je voulais partager avec toi, cher ami des fleurs, un petit truc qu’on m’a donné il y a quelques mois.

Un truc beauté.

Ecolo, évidemment.

Alors, donc, si comme moi, tu as une peau de crocodile coupé d’ocelot (rapport aux taches et aux cicatrices de varicelle, damned!), tu as sans doute dépensé des centaines d’euros dans des gommages désincrustants, hydratants, rappants, désquamants… bref, dans des gommages pour le corps quoi.

Oublie tout ça.

Garde tes sous et achète toi du bon café, bio, cela va sans dire.

Fais toi couler un bon café, bois le si tu veux, et ensuite, récupère le marc.

Passe sous la douche. Sur une peau humide, tu frottes un peu de ce marc sur tes papattes rugueuses et sur tes coudes caleux, tu insistes bien derrière la fesse, où veulent se loger le fourbe petit bouton et le capiton rusé, tu frottes, pas comme un dingue, hein, tu frottes doucement mais sûrement. Ta douche va se transformer en cafetière, mais ça, c’est secondaire.

Pour le visage, tu y vas super doucement, le marc, ça gratte quand même pas mal, ne va pas te peler jusqu’à l’os.

Ensuite, encore couvert de ce marc marron mais à l’odeur délicieuse, tu te laves, le mélange du marc et du savon fait un autre gommage, plus doux celui-là. Et puis tu rinces, comme il faut, hein, et tu en profites pour rincer aussi toute ta douche, sinon, honnêtement, des coulures marronnasses dans une salle de bain, ça fait désordre.

Et puis, une fois sec, tu t’hydrates correctement.

Te voilà doux et exfolié comme un chef.

En plus, m’a t-on dit, à petites doses, le marc de café aide au bon entretien des canalisations. A petite dose, ça veut dire qu’il ne faut pas te changer en cappuccino tous les matins. Deux fois par mois, ça suffit, pour les canalisations. Pour ta peau, une fois par semaine, c’est bien.

Te voilà plus riche d’un secret du Professeur Garofano, et tu me remercies déjà, je te comprends!!

Ici : http://www.astyouce.fr/trucs-maison/10-facons-de-reutiliser-le-marc-de-cafe-1155, tu trouveras d’autres utilisations du marc.

5 juin, 2011

Yacobites

Classé dans : vite dit — garofanorosso @ 10:28

Depuis fort longtemps, je suis fan de l’Ecosse.

Je pense en fait que ça date de mes 10 ans, quand mes parents ont adopté un petit colley du nom de Boy et issu d’un père nommé Aberdeen (oui, mon chien était un pur sang bleu avec particule et arbre généalogique de folie! ).

J’avais fait des recherches sur Aberdeen, et je pense que c’est à ce moment là qu’est né en moi cet amour pour ce rude pays du nord, moi qui traîne la réputation de ne survivre qu’à partir de 28°, avec 360 jours de soleil par an et bercée par les cigales du midi. Ben, ouais, j’ai cette réputation, mais pourtant, je suis attirée d’une façon irrépressible par les contrées nordiques, sombres, froides et mystérieuses, par les contrées où les légendes le disputent à l’histoire multi-millénaire, par les pays où les tempêtes violentes se déchaînent et où on boit du lait chaud (ou quoi que ce soit d’autre, mais pour moi ce sera un lait chaud, merci) auprès d’une cheminée dans un château médiéval…

Bref.

J’aime l’Ecosse.

Et ce matin, émergeant des bras de Morphée en milieu de matinée (ouais, bon, en fin de matinée, ok), j’allume la télé et tombe justement sur une émission dédiée à ce pays. Emission fort agréable, toujours très bien faite et particulièrement intelligente, Echappées Belles, ça s’appelle.

Donc, l’Ecosse. En Ecosse, les paysages n’ont pas beaucoup bougé depuis le début de l’histoire du monde. Les Ecossais s’en félicitent d’ailleurs. Mais il y a eu des erreurs aussi là haut.

Des erreurs qu’on tente de rattraper. Ainsi, sur l’île de Skye (An t-Eilean Sgitheanach en Ecossais), la fondation John Muir (du nom d’un naturaliste écossais) a pour mission de racheter le plus de terres possibles afin d’en faire un immense parc naturel où l’environnement endémique se redeveloppera. Le but premier de la fondation est la reforestation. Et pour cela, les employés de la fondation… abattent tous les arbres ! Pas n’importe lesquels, ils abattent les conifères japonais plantés là pour leur rentabilité en matière de production de bois. Les conifères asiatiques détruisent tout le sol à leur pied, plus rien ne peut pousser sur un sol planté de conifères. Et rien ne peut nicher dans leurs branches.

Ainsi, la fondation John Muir abat ces désertificateurs, et laisse faire la nature qui ne tarde pas à reprendre ses droits. D’abord l’herbe repousse, puis les fleurs, que viennent polliniser les insectes, et à force, en quelques années, ce sont les essences d’arbres endémiques qui reviennent sur ce sol débarrassé du poison conifère, et avec eux, les oiseaux, et les autres animaux natifs.

Cette démarche m’enchante, évidemment. Elle ne peut que rajouter à mon immense désir d’aller faire une escapade en Ecosse.

 Sac au dos et Pataugas aux pieds! L’Ecosse, ou l’éloge de la lenteur. (Avec une ou deux incursions à Glasgow, quand même, histoire de renouer avec mes semblables bipèdes! )

 

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