Garofano Rosso

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23 février, 2010

2010, année charnière?

Classé dans : vite dit — garofanorosso @ 10:04

Pour votre dévouée, j’entends.

Charnière car, l’année 2009 ne fut pas terrible terrible en ce qui me concerne, j’ai enterré bien trop d’êtres aimés, j’ai perdu un chat, tout n’est pas allé tout seul.

Et puis, j’étais « malade ». Je ne vais pas entrer dans les détails ici, mais disons pour faire simple, que les angoisses et les questionnements métaphysiques prennent chez moi des formes plutôt désagréables…

Bien.

Et puis, à la fin de l’année 2009: le révélateur d’un véritable changement: ce foutu écrit de concours administratif auquel je me suis présentée les mains dans les poches, et le nez au vent, l’air con et la vue basse, et que finalement, j’ai eu.

Paf, faut se mettre à bosser.

Je bosse.

Et naît en moi une chose que je n’avais pas ressentie depuis 32 ans et des brouettes : l’ambition et l’envie de réussir!

Dingue.

Je me suis toujours laissée vivre, moi, ne bossant pas beaucoup et obtenant quand même des résultats honorables. J’ai toujours eu des « facilités » comme on dit. Mais là, devant le Code Civil à avaler, facilités ou pas, faut bûcher. Et j’ai bûché.

Et puis, il y a eu cette nouvelle manie: contrôler.

Je te dois deux-trois explications à ce propos, cher ami des fleurs.

Alors.

Contrôler, quand on est une ancienne anorexique devenue boulimique, c’est vital. L’anorexique contrôle tout , tout le temps, surtout son poids et les calories de la bouffe. Mais ce contrôle va plus loin, il s’étend à son psychisme, à sa vie entière: « control freak » disent les anglais (et ce n’est pas tellement un compliment). La boulimie, c’est l’inverse, c’est le lâcher-prise complet, c’est l’ingurgitation maladive et morbide de kilos de bouffe, le plus vite possible, pour tout vomir ensuite. C’est abominable, c’est incontrôlable, c’est terrifiant, accessoirement, c’est mortel.

Bien.

Je suis passée par tout ça.

Et c’est très très connement que je m’en suis sortie.

En imposant un contrôle sur quelque chose de beaucoup moins dangereux que mon estomac ou mon cerveau, et de beaucoup plus judicieux: mon pognon. (le « contrôle fric » en somme! ARF!)

Pendant des années, je n’ai pas contrôlé mon budget. D’où des découverts plongeants réguliers, des dépenses inutiles et  répétées, pour des fringues, pour des chaussures, des sacs, n’importe quoi, n’importe quand. Une boulimie de consommation en somme. Je suis passée de ce stade à celui, non pas de l’anorexie consommatrice, mais à celui du contrôle raisonné. En faisant ce que tout un chacun fait depuis que le pognon existe : tenir un budget. C’est con, mais ça a été ma bouée de sauvetage. J’ai transféré mon besoin vital de contrôle sur mon budget et non plus sur mon psychisme. Et ça marche.

Cette nouvelle liberté, encadrée par des chiffres dans un tableau, me rassure, me libère, me laisse l’esprit totalement tranquille : je sais toujours où j’en suis, et c’est un confort que je ne connaissais pas avant, dans ma vie de consommatrice débile et panier percé.

Quand on cause à la mode, on parle de « comportement décroissant ». J’en suis là. Décroissance. Ca me correspond complètement et ça fait un bien fou à mon porte-monnaie (autant qu’à ma cervelle.)

Parallèlement à cette nouveauté, j’ai découvert aussi le sentiment intime, intrinsèque, crucial de l’écologie. Ecologie et décroissance vont souvent de pair, en tous cas, chez moi, c’est le cas.

 Du jour au lendemain, (bien que j’aie été élevée dans un terrain assez favorable à ce genre de comportement, j’en ai déjà parlé), à moi les produits bio, équitables, à faible empreinte carbonique.  A moi ce que j’appelle, en me moquant de moi même, le « poujadisme de gauche » : acheter proche, acheter français, acheter durable, acheter utile.

Finies les soldes pour acheter une soixante-septième paire de godasses, un cent-vingt-cinquième sac à main, ou des fringues made in china, bourrées de pétrole, et de pleurs d’enfants. Je ne lis plus les magazines de mode, je m’en fous complètement, ça me passe à 1000 m au dessus. Les pubs, comme celle -stupidissime – pour le nouveau magazine Envy me donnent envie de pleurer, les blogs mode/fashion et compagnie, que je dévorais avec passion me soulent et me paraissent totalement vides de sens. Je suis devenue grande d’un coup, en passant de 2009 à 2010.

J’y repense, mais le 1er janvier 2010, alors que j’avais des amis à la maison, j’ai trouvé une punaise énorme dans mon dressing, en fermant les volets.

Il faut savoir que j’ai plus peur des punaises que des mines anti-personnelles (heu… j’en vois plus souvent aussi, ça doit être pour ça….. [ attention, c'était de l'humour noir]), je suis totalement phobique face à ces bestioles qui provoquent en moi terreur, répulsion, tremblements, et sueur  froide (ah, ouais, quand même?!!!). Et ben, cette bête, qui quelques semaines auparavant m’aurait empêchée de dormir malgré les 3 portes séparant la chambre de ce dressing, cette bête -dragon pour moi – je l’ai ratatinée avec ma tong… Sans craindre qu’elle ne se change en monstre à 6 têtes remplies de dents et ne se jette sur moi à l’approche de la semelle de la tatane! Ah, oui, ce n’est pas très très écolo ça, comme procédé, mais désolée, là, face à mon ennemi n°1, c’est de la survie!

Et là, devant le cadavre pestilentiel de l’insecte, objet de ma terreur passée, je me suis dit que je venais de franchir un pas: j’ai terrassé une phobie. Et ça, honnêtement, même si tu te bidonnes, ami des fleurs, ben, c’est un sacré challenge!

Donc, voilà.

En passant de 2009 à 2010, j’ai franchi une étape colossale, éverestienne : mettre fin à une phobie trentenaire, mettre fin à des troubles du comportement datant de plus de 15 ans, entrer dans le monde adulte face à l’argent, et prendre conscience de ma place dans le monde par un comportement « ecolo-friendly » (aha!!!!! le revlà çui-là!!!!!).

Je me sens bien dans ma peau, dans ma tête, et dans ma planète.

Si bien que je vais sans doute me mettre au Taï Chi dans pas tard, pour parfaire cet équilibre tout neuf que je viens de trouver, au bout de 32 ans, 6 mois et 6 jours….

Un symbole de ce changement peut être vu dans ce mini reportage photo que je te propose de regarder.

 

1/ ma vie avant

boiteprada.jpg 

enveloppe.jpg 

2/ le passage

flaconbrise2.jpg 

3/ ma vie maintenant (le nom est un pur hasard, cette plante aide à la concentration, c’est pour ça que je l’ai achetée, mais, ça tombe pas mal en même temps!!!! )

  angelique1.jpg

Quand j’ai reçu cette pub Prada, avec ce flacon de parfum brisé en mille morceaux, je n’ai pas pu m’empêcher d’y voir un symbole de ma vie nouvelle.

Je me suis drôlement épanchée aujourd’hui, cher ami des fleurs, je ne sais pas si tu es arrivé jusqu’ici, mais si oui, merci.

 

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